

Flux de services non marchands
10.41 . Les services non marchands produits par les administrations publiques et les
institutions sans but lucratif au service des ménages (ISBLSM) couvrent toute
une gamme de services à la fois nécessaires et utiles à la société. Il convient den distinguer deux grandes catégories:
a) les services fournis sur une base individuelle (dits «services
individualisables»), c
est-à-dire dont les consommateurs ou bénéficiaires peuvent être identifiés
individuellement. La consommation de tels services suppose une initiative
personnelle de la part des individus concernés;
b) les services purement collectifs, c
est-à-dire les services consommés de façon collective par lensemble de la population.
10.42 . Les services individualisables peuvent être fournis à des personnes prises
individuellement (c
est le cas des soins de santé) ou à des groupes de personnes (cest le cas de lenseignement). De par leur nature, ces services peuvent être dispensés sur une
base marchande ou non marchande; bien souvent, lindividu pourra bénéficier de ce type de services, soit en sadressant à une unité marchande (et en en acquittant le prix), soit en
recourant à une unité non marchande dune administration publique ou dune institution sans but lucratif au service des ménages (bénéficiant alors de
la gratuité, ou quasi-gratuité, de ces services).
Pour les unités marchandes, c
est la méthode consistant à déflater les valeurs courantes par des indices de
prix qui devrait être utilisée, puisquil a été clairement démontré que les variations subies par la composition dun ensemble de produits affectés de prix différents influençaient plutôt les
volumes que les prix. Pour les services individualisables non marchands, les
estimations de la production pourraient reposer sur des indicateurs quantitatifs. Sagissant de léducation, ceux-ci pourraient correspondre au nombre dheures passées par les élèves en classe ou en activité de soutien individuel,
alors que pour les services de santé non marchands, ces indicateurs devraient,
par exemple, refléter un traitement en milieu hospitalier ou des visites
effectuées par le personnel médical ou infirmier; dans un cas comme dans lautre, une dimension qualitative se trouve reflétée dans le montant des
ressources consacré à chaque élève ou à chaque patient. Il convient de veiller à ce
que les données utilisées soient assorties dune ventilation détaillée, de telle sorte que chaque indicateur faisant lobjet de calculs soit aussi homogène que possible du point de vue des coûts;
ce nest que dans ce cas que les variations affectant la composition dun ensemble de produits apparaissent bien comme des variations en volume.
La variation en volume de la production et de la consommation de services
individualisables devrait en principe être mesurée sur la base de l
utilisation qui est faite de ces services; on évitera ainsi de faire appel,
pour des services de même nature, à des critères différents selon quils présentent un caractère marchand ou non marchand. Toute variation de
qualité doit bien sûr être traitée comme une variation de volume, mais cela vaut
aussi bien pour les services marchands que pour les services individualisables non
marchands.
10.43 . Les services purement collectifs sont produits par les administrations
publiques au bénéfice de l
ensemble de la collectivité. Ils couvrent en fait une vaste gamme dactivités, telle que les services dadministration générale, de défense nationale, de relations extérieures, de
justice et de police, durbanisme et denvironnement, de politique économique, etc. Sagissant de services consommés collectivement, de façon diffuse et continue,
il ne saurait être question de mesurer le volume de leur production par lampleur de leur utilisation.
10.44 . Étant donné qu
il peut se révéler impossible dans la pratique de disposer dindicateurs quantitatifs fiables pour les services individualisables non
marchands, il peut être nécessaire de les mesurer en termes de volume en recourant
aux mêmes méthodes que celles appliquées aux services purement collectifs. Il
est dès lors nécessaire de se baser sur une évaluation à prix constants des
différents éléments de coût de cette production, à savoir:
a) la consommation intermédiaire;
b) la rémunération des salariés;
c) les autres impôts sur la production moins les autres subventions sur la
production;
d) la consommation de capital fixe.
Le recours à des mesures des entrées intermédiaires comme approximation de la
production rend impossible toute analyse de la productivité.
10.45 . Le calcul de la consommation intermédiaire à prix constants ne soulève pas de
problèmes théoriques particuliers, étant donné que cette grandeur se rapporte
aux biens et aux services marchands. Ce calcul peut s
effectuer soit en déflatant les valeurs courantes par un indice des prix de la
consommation intermédiaire, soit à partir des quantités pondérées par les prix
de lannée de base.
10.46 . Le calcul à prix constants de la rémunération des salariés et de la
consommation de capital fixe des branches de services non marchands s
effectue selon la méthode générale décrite aux paragraphes 10.53. et 10.54. ci-dessous. Les autres impôts sur la production sont souvent dune nature telle quil est possible de les rattacher à un indicateur en volume, tel que volume de lemploi, nombre de véhicules utilisés, etc.